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ORAN, 50 ans déjà, pourquoi y revenir. Trop long à expliquer, des hasards qui n’en sont pas. Une suite d’évènements qui me conduisent à revenir dans mon pays natal. Au moment où je ne m’y attends pas. Vraiment pas du tout ! Et oui il faut parfois subir les hasards de la vie.
Elle est belle, vraiment très belle ma ville ! Je suis chauvin surement, mais tant pis, oui elle est belle !
50 années déjà ont passés et je la revois. L’avion survole le lac salé, s’incline. Au hublot je regarde et soudain mon regard devient trouble. Oui je la revois la ville, ma ville, mon pays, ma terre natale ! Santa Cruz qui me surveille, comme il y a 50 années elle le faisait déjà.
C’est comme si je n’étais jamais parti.
Le taxi m’amène à mon hôtel au bout du Boulevard Front de Mer. Un hôtel Ibis tout neuf. Déjà je suis chez moi ici. Où alors je reviens chez moi ? Que vais-je découvrir, je verrais demain.
Mon chauffeur est là le lendemain à la première heure. Je suis en pays de connaissance. Un fils de pied noir qui est resté là pour vivre simplement malgré les aléas de la guerre. Contact sympa de suite, tutoiement de rigueur, c’est un frère, Eric. N'hésitez pas à le contacter si le cœur vous en dit.
Il est avec moi de 8 h à 20 heures. Il ne travaille pas en réalité, il partage ma vie, mon histoire, mes émotions. Il est là pour moi. Sympa le gars vraiment sympa... Je le paie, normal c’est son travail mais il n’est pas avec moi pour cela, non il est là parce que il est avec mes émotions. Je le sens très vite.
Au programme beaucoup à faire. Retrouver toutes le traces de mon enfance. Ma maison natale, la maison de mon enfance, la maison en fin de séjour en Algérie et bien sur tous les lieux de mes amis.
" Toi tu y vas, ramène moi la photo de la maison de ma mère, de mon magasin, de là ou je vivais etc…"
J’ai hésité longtemps !
"Si tu y vas, tu vas être déçu, tu vas détruire tes souvenirs, ton passé, tu vas mourir à ton enfance". Faux ! Je ne suis pas mort, je suis né à ma vie passée, à ce que je suis, à mon enfance. Cela arrive symboliquement à une période charnière de ma vie. Comme pour me dire : maintenant tu dois recommencer, revivre, renaître car tu n’as pas vécu en réalité depuis ton départ d'ici.
J’assume fièrement et j'avance.
La ville je la visite avec mon plan en Français alors que toutes les rues ont été rebaptisées en Arabe. Tant pis. Dieu m’aide. Je retrouve tout. Les portes s’ouvrent comme par magie. Les habitants de ces lieux où j’ai vécu m’accueillent.
"Tu n’es pas ici un étranger, tu es ici dans TON pays, oui tu es ici chez toi".
Curieux pour un peuple avec qui il y a eu la guerre. Dès que je dis que je suis né à "Wouaran", le regard s’éclaire. "Tu es né ici ? Entre, tiens les gâteaux et le café, et reste pour le couscous". Dure leçon d’hospitalité pour des êtres que l’on méprise ici chez nous.
Je revisite tous les lieux de mon enfance. Bien sur il faut aussi le dire : pas d’entretien durant 50 années ! Les fers sont rouillés, les vitres mal remplacées, les bétons dégradés, mais qu’importe ! La ville est là, ma ville, ses souvenirs, sa beauté même si j’en rajoute. Tant pis, c’est ma ville, mon pays !
Aucune rancœur, pas de haine, colère ou vengeance comme certains nostalgiques vengeurs. "Qu’ils crèvent" diront-ils ! NON, qu’ils vivent, ce sont mes frères, mes amis, même si ils m’ont fait tant souffrir.
Elle aussi est toujours là qui me regarde de ses yeux fixes. Inchangée depuis 50 années. Santa Cruz est belle. Je monte la même route en lacets au milieu des pins qui sentent si bon. Route inchangée. Paysage splendide, la ville à mes pieds est lumineuse. Je l’aime. Mers el Kebir de l’autre coté me regarde. Comme pour me dire que derrière son fort il y a la corniche, là ou j’ai vécu ma jeunesse ! J’avais 17 ans !
En ville je retrouve tout, mon coiffeur qui me donnait à 6 ans une bouteille vide pour que je sois sage durant la coupe, la pâtisserie ou mes parents achetaient les nougats, la cathédrale devenue bibliothèque, les rues splendides.
A part l’état vétuste par manque d’entretien une propreté qui m’étonne. Pas de papiers à terre, tout est clean.
Au vieux port ambiance poissons. Des plats de poissons frais à des prix dérisoires. Le tout accompagné du sourire du chef.
Mais déjà il faut y aller sur la corniche, le lieu de ma jeunesse !
Là changement d’opinion. Oh non pas de déception sinon que la longue route qui de Saint Roch allait au Cap Falcon, cette route nationale vierge à l'époque dont partaient vers la plage que quelques allées, cette route est devenue une ville. Que des restaurants, des hôtels, des boites de nuit, un hôpital, des pizzerias ! Impossible de retrouver sans guide la rue de ma villa de vacances. On cherche avec Eric. On trouve enfin.
Ma maison que je pensais détruite est là qui me nargue. Elle a changé ! Vraiment changé ! A vrai dire méconnaissable. Heureusement que moi je la reconnais. Plus de jardin, des murs hauts pour la protéger des regards, des barbelés, un appartement en sous sol. Bref je ne suis plus chez moi. Tant pis et pas grave ! Je suis heureux, elle est là quand même, comme pour me dire : tu vois je t’ai attendu.
Je suis bien. Je visite tout mon quartier. Tout a changé. Les occupants m’accueillent les bras ouverts. Je retrouve la plage, ma plage de mon enfance. Splendide. Oui splendide. Tant pis je reste chauvin, comment faire autrement après 50 années d’éloignement. Mais j’aurais pu après avoir parcouru le monde entier être blasé. Et bien non, vraiment c’est beau. Où alors j’affabule. L’eau est claire, le sable splendide. Je revois ma jeunesse.
Je vais visiter les lieux de mes amis de cette plage à 100 mètres de là. Toujours le même accueil. Vraiment des types bien.
Et les autres plages, celles où du temps de la guerre je ne pouvais aller sans risques! On y va aussi. Andalouses, Bousfer, Madahg 1 & 2, et Bouzedjar. Un rêve. Les Maldives ou Maurice ont à bien se tenir le jour où le tourisme va s’installer ici. Des eaux claires, des criques de rêve. Le paradis.
Et la nuit… Je veux connaitre une boîte de nuit, le RAI… Eric me guide. A minuit je suis dans ces boites ou se mêlent alcool, musique folle, piste de danse délaissée et surtout les prostituées. J’observe de loin.
3 heures du matin, dodo, fatigué par ma journée longue. J’ai vu, tout est parfait, vraiment parfait. J’ai vu, revu, re-revu, revécu. Je suis de nouveau né ici dans mon pays, aujourd'hui.
Alors à ceux qui doutent, qui craignent de perdre leur enfance et leurs souvenirs, je dis clairement : "Allez y, vous ne le regretterez pas". Car là vous retrouverez comme moi votre vie, votre âme, vos racines, votre terre. Et si comme moi vous avez un cœur en paix, sans haine, colère, rancune ou vengeance alors là oui, vous allez renaitre et revivre.
Je ne suis plus le même. J’ai revu ma jeunesse, mon enfance, ma ville. Je suis heureux et je ne regrette pas du tout. Vous l’avez compris déjà. J'ai envie d'y revenir. Alors si le cœur vous en dit, surtout n’hésitez pas, faites comme moi, revenez dans ce pays, le pays de ma naissance.
Et comme il a été sympa, si vous souhaitez savoir où est mon guide qui a partagé mes émotions et qui organise aussi des randonnées 4x4 dans le désert (où je compte bien me rendre l'an prochain, Inch allah), c'est ici:
Eric, ORAN CAR, belasbenga@yahoo.fr
Pour
plus de renseignements, me contacter..... cliquez ici
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